Cocoon de Björk (Live At Harald Schmidt Show)  (Perles des Mers du Nord) posté le jeudi 13 mars 2008 09:49

Comme promis pour Lunastrelle qui veut découvrir Björk, voici une petite perle trouvée sur Dailymotion, une prestation exclusive de Björk au Harald Schmidt Show où l'Islandaise interprète Cocoon, "une chanson douce" comme le chantait Henri Salvador pour ce titre qui s'écoute dans son cocon, aux touches pastel.

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Paysages musicaux de l'Islande, Björk et Sigur Ros (1e partie)  (L'avant-garde électro) posté le mardi 11 mars 2008 16:49

Blog de lilledansa :Lille Dansa - Pour une alternative Nordique, Paysages musicaux de l'Islande, Björk et Sigur Ros (1e partie)

Björk et Sigur Ros ont toujours eus dans leur compositions un rapport profond avec la nature et en particulier avec les paysages islandais qui semblent être pour Sigur Ros la portée de leur musique et pour Björk les notes. Ces profondes racines qui se mêlent à la terre et ces délicates et puissantes branches qui tentent de toucher le ciel prennent leur plus grand essor dans deux des albums de nos artistes. Il est évident pour Björk qu'il s'agit de Vespertine et pour Sigur Ros, il m'apparaît que c'est le bien nommé (ou non nommé) ( )

 

*L'hiver, le froid, le silence*

 

Si il existe un plaisir auquel je ne me soustrais pas, c'est d'écouter Vespertine quant il neige. Pourquoi? Simplement parce que cet album est clairement hivernal, d'abord dans sa matière même, chaque son évocant la glace et le froid, parfois la nuit permante, les pas dans la neige d'Aurora, les sons carillionnants qui font penser à autant de flocons de cristal, les bruits habilement assemblés d'eau sortant par clapotis de la glace... Cette ambiance hivernale est renforcée par la douceur de la musique qui laisse place à une voix caressante et suave qui prononce "sweetly". Une seule envie nous saisis alors, se blottir dans des draps, chausser nos headphones (They save my life...) tel un animal qui hiberne. Assurément, l'écoute de ce disque se fait en intimité car tout y porte.

Si nous reculons pour en venir à la pochette de celui ci, une autre chose apparaît, l'abscence de couleurs, le cygne aux plumes blanches comme la neige, le socle d'un blanc brilliant. Non, le rouge et le vert ne sont pas les couleurs de l'hiver (of course, it's christmas), pour la Nature, il s'agit du blanc et autre gris, noirs: plus de fleurs, plus de couleurs... plus de feuilles, plus d'herbe, elle est étouffée sous son manteau immaculé (même si c'est de moins en moins valble, symboliquement, ça l'est).

La pochette de ( ) est semblable, nule couleur, nul titre, juste une enveloppe blanche qui renferme la musique dans son écrin. Un livret de calque avec quelques branches nues...

La musique elle aussi est sobre comme une plaine enneigée, progresse lentement comme l'être qui tarde à se lever mais en douceur, comme ce soleil de Sun in my mouth de Björk qui caresse le visage dans toute sa paresse. Un silence vient même séparer l'album en deux parties dont la première est une douce joie atténuée comme l'exaltation devant une plaine sereine, la deuxième étant plus triste, un peu comme une gorge glaçée. Le tout reste tout de même homogène comme l'hiver où la Nature se fige et avance en pause, animée par les vents qui ne changent sa surface comme les longs mouvements d'archet sur la guitare électrique. Finalement le ( ) du titre ne pourrait il pas se lever en II (pause) ?

Image: Pochette de Vespertine de Björk

Eymeric

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Suvetar de Gjallarhorn, chemins folkloriques  (Folk et Folklore) posté le samedi 08 mars 2008 11:03

Présentation rapide du groupe

    Gjallarhorn est un des groupes folk les plus connus en France, probablement grâce à sa profonde implantation musicale dans toutes les cultures du monde. Effectivement, la base de ce groupe finnois reste la musique traditionnelle scandinave appuyée par des textes tirés de poèmes nordiques, de l'Edda poétique ou simplement de chants mais la musique prend des sonorités à la fois chamaniques (dans leur premier album), orientales et africaines.Sa formation a beaucoup varié, seule la chanteuse et pilier du groupe, Jenny Wilhems, y est restée fidèle depuis leur première album en 2000. 
    L'extrait que je vais vous présenter est tiré de leur premier album Sjorn qui est accompagné, pour l'accent multiculturel, du didgeridoo australien et de percussions telles le djembé. Le groupe s'y présente comme " un écho personnel aux anciennes tradition de la musique folklorique de Scandinavie" et ajoute que " beaucoup d'anciennes cultures musicales autour du monde ont des similitudes et utilisent différents elements pour la même fonction dans leur musique. Gjallarhorn a trouvé une voie pour combiner ces élements.*" Son titre est "Suvetar- Godess of Spring"

{#}La musique et le clip

* Le portrait de Suvetar:
 Qui est Suvetar? Suvetar est une figure de la mythologie Finnoise, elle est la la déesse du vent du Sud et de l'Eté, elle est décrite dans la chanson physiquement comme ayant un corps brilliant l'or et l'argent, comme étant la plus ancienne fille de la Terre ce qui est un paradoxe avec le fait qu'elle est la déesse du vent du Sud. Ce paradoxe se retrouve dans la musique qui est à la fois très terrienne grâce au didgeridoo et aux sons graves intenses et puissants mais aussi très aérienne, la musique étant dynamique, mouvante, audacieuse, la voix de la chanteuse s'élevant dans les airs et la musique progressant par élan et adjonction d'instruments dans un crescendo fatal vers le ciel. Beaucoup de fois on entend le mot "miel" dans les paroles, on peut y voir un écho à son corps doré et à l'Eté, aux récoltes mais avec un peu de recherche, on trouve que la déesse est douée pour guérir les malades avec le miel qu'elle jette du ciel. Cette chanson étant une prière pour la fertilisation des récoltes, on peut interpréter que le miel qui tombera du ciel viendra fertiliser les coeurs et la terre, viendra épargner la souffrance des paysans.
Le clip reprend fidèlement la description de Suvetar sauf que la chanteuse, au lieu d'être celle qui "prie" Suvetar devient l'incarnation de la déesse elle-même. Elle est représentée le corps doré, en train d'enlacer les épis de blés comme si elle éprouvait de l'affection pour la Terre, qui n'est autre que sa mère étant "la fille de la Terre" dans la chanson, cette image est d'ailleurs manifiquement rendue lorsque l'on voit une créature étirer une chair couleur terre en même temps que ses pas, comme si la déesse était accouchée de la Terre en étirant sa chair, la chanson reprend cette image en invitant la déesse à s'extraire de la Terre en même temps que les récoltes . On la voit également ouvrir les yeux alors couverts de terre. Elle execute quelques danses, comme un rituel de fertilisation et d'amour, de communion avec la Terre. Cette communion avec la Terre est présente tout au long du clip d'ailleurs, les acteurs sont grimés, tel des caméléons, aux couleurs des paysages qu'ils traversent.

*Un rituel de fertilité.
Toute la chanson prend l'allure d'une prière, effectivement, elle joue sur les répétitions de motifs, de paroles avec à chaque fois une évolution d'intensité, un crescendo, comme un mantra répétitif conduisant à une transe de plus en plus intense. La déformation des visages dans le clip reprend cette idée de transe ainsi que les rapides travellings. Les paroles sont toutes aussi envoutantes, utilisant des images intenses de sens, alignées les unes en dessous des autres. La déesse est invitée à sortir de la Terre pour apporter le miel aux humains, bénir leurs récoltes et leur épargner la souffrance en récompense des efforts qu'ils ont fournis au champs. Le tout est porté par une musique plus qu'envoûtante, qui invite à une prière active, mêlée de danse, de joie, de vibrations.
Dans le clips de nombreuses images font référence aux rites de fertilisation nordiques, ainsi le rite du Labyrinthe: les jeunes filles étaient placées au centre d'un labyrinthe formé par des pierres que leurs prétendants devaient arpenter avant de s'unir avec elles sur la terre, ceci dans le but de la fertiliser. A un moment du clip on voit ce fameux labyrinthe de pierre parcouru. On voit également des danses autour d'un feu, le feu représente dans nos cultures la fertilité, et c'est encore exprimé aujourd'hui grâce aux rites de la Saint Jean au début de l'Eté. Autrefois il était coutume de sauter par dessus le feu pour être assuré de fertiliser son corps pour avoir descendance.

{#}Around the world
L'accent multiculturel se retrouve à merveille dans le clip et la chanson: du point de vue instrumental surtout, les paroles étant issues de la tradition Nordique. La musique prend des accents chamaniques grâce aux percussions, au didgeridoo et à l'effet de répétition, quant au clip, il donne l'impression de parcourir le monde pour assister aux rituels de fertilité premiers. On y retrouve, pêle-mêle des accents africains et européens dans les danses autour du feu, des hommes au corps couvert de peintures aborigènes que les limites de ma culture ne me permettent pas d'identifier (désolé ) mais aussi une référence à la sorcellerie avec l'image de la pleine Lune. Effectivement d'après la Wicca, la religion des sorcières, la pleine Lune représente la Mère, la Grande déesse de la Terre et se jour là se déroulent les esbats et les communions avec la Grande Déesse. L'éveil du soleil à la fin du clip semble toucher le monde entier et lever toutes les récoltes.

Conclusion

Cette vision est bien entendu la mienne, je vous invite donc à la critiquer pour l'enrichir et pour le reste, je vous laisse apprécier ce clip déroutant et cette musique envoûtante dont voici les paroles (traduction en anglais), si ce n'est déjà fait.

 Suvetar, fine matron
Arise to see the seeds
Raise the matron's corn
So that we may be spared pain
Manutar, matron of the Earth
Lift up the shoots from the ground
New shoots from the stumps
So that we may be spared pain
Feed us with honey-hearts
Give us honey-drink
Delicious honey-grass
On a blossoming knoll
You have shining silver
You have glistening gold
Rise up, O maiden
Black from the soil
Underground crone
Most ancient of Nature's daughters
Make the peat shoot forth
And the ground turn over
Underground crone
Most ancient of Nature's daughters
Lift up a thousand seedlings
To reward my efforts.

Mel: J.Wilhems; Text: Trad; Choir arr: J.Wilhems; Instrumental arr: Gjallarhorn

*Traduction assurée par mes soins du "prologue" de l'album.

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Inauguration (Värtinnä-Aïjo)  (Certifié d'Importation Nordique) posté le samedi 08 mars 2008 09:56

J'inaugurerai ce blog par une découverte, inconnus en France, le groupe Värtinnä est une perle atypique de la musique Folk, si l'instrumentalisation se révèle assez classique mais pas moins de qualité, les voix et l'univers du groupe sont tout simplement époustouflantes. Les chanteuses sont capables de passer de l'aigu au grave, du caverneux à l'aérien avec une souplesse remarquable, certains passages ont l'allure d'invocation mystique et de possessions par l'étrangéité du chant. Je vous laisse donc découvrir... cette belle découverte et j'y reviendrai dans un prochain article.

Mais parlons un peu de ce nouveau blog... Passionnée de musique Nordique, j'ai décidé d'ouvrir cet Univers si riche et avant gardiste à mes lecteurs, j'emprunterai plusieurs chemin pour cela, d'abord celui de la découverte de nouveaux sons. Je tenterai également de présenter et d'analyser toutes les musiques qui me seront données d'entendre par la musique elle-même mais aussi grâce aux clips qui les accompagnent et à l'ouverture sur une culture Nordique dans son ensemble.

Alors, bon voyage!

 

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